Parcours d’entrepreneuse : Valérie Piron, de sage-femme à conseillère aroma doTERRA & doula

Parcours d’entrepreneuse : Valérie Piron, de sage-femme à conseillère aroma doTERRA & doula

Les origines

Avais-tu des entrepreneurs dans ta famille ? Si oui, quelle image en avais-tu ?

Dans ma famille, il y avait 2 personnes qui étaient à leur compte et en couple. Je les voyais travailler beaucoup, gagner bien leur vie, mais j’ai souvent eu le sentiment que c’était au détriment de leur vie familiale.

Quand as-tu eu envie de te mettre à ton compte ? L’as-tu fait de suite ou y’a t-il eu un temps de maturation ?

J’ai eu envie de me mettre à mon compte après avoir eu mes enfants. Mais il y a eu un temps de réflexion car je quittais une situation salariée financière confortable.

Quelle était ta/tes motivations ?

Mes motivations sont la passion de mon nouveau travail, et une qualité de vie familiale meilleure en terme de rythme et de liberté d’organisation.

Le lancement

Le processus a t-il été simple d’un point de vue administratif ? T’es-tu sentie soutenue, aidée sur ce plan ? As-tu trouvé des associations/ institutions pour te conseiller et te montrer le chemin ?

L’administratif n’est pas ce que j’aime faire le plus, mais j’avais participé à une conférence donnée par la chambre des commerces pour ceux qui veulent lancer leur entreprise. Cela m’a bien aiguillée.
Je fais également partie de réseaux d’entrepreneurs dans ma région, c’est une aide précieuse, encore maintenant !

Autour de toi, comment les gens ont-ils réagi ? A commencer par ton mari, tes parents, tes enfants ? Et tes amis ?

Mon entourage proche m’a plutôt soutenue dans l ‘ensemble, même s’il y a des hauts et des bas ! Il y a aussi quelques personnes qui ne comprennent pas ou qui soumettent l’idée de revenir en arrière. Mais globalement,  après presque 2 ans, c’est un choix qui me plaît toujours et qui convient à ma vie de famille… donc cela m’aide à  ne pas me laisser envahir par les éventuels doutes des autres ! 

Challenges & forces

Quels sont tes challenges ?

Mon challenge, c’est la communication ” publicitaire”, ce n’est pas un domaine que j’ai étudié ! Mais c’est essentiel aussi !

Quels sont tes succès ? Tes forces ?

Mes forces sont ma persévérance, mon enthousiasme, mon envie d’aider les autres !

Vision présente & à venir

Ton ambition entrepreneuriale pour l’année ?

Pour cette année, mon ambition est d’agrandir mon entreprise en accueillant un ou une partenaire ayant des valeurs humaines, afin de travailler ensemble avec confiance et détermination.

Comment te vois-tu, en tant qu’entrepreneuse, dans 5 ans ?

Dans 5 ans, mon entreprise est autonome et stable, contribuant au développement d’autres personnes qui veulent améliorer le quotidien de leur vie familiale et développer leur propre entreprise.

Des conseils ?!

Si tu avais 3 conseils à offrir à quelqu’un qui se lance aujourd’hui dans l’entrepreneuriat, lesquels seraient-ils ?

Pour une personne qui se lance aujourd’hui dans l’entreprenariat, je conseille de se renseigner sur les démarches administratives, de s’entourer d’autres entrepreneurs, et de se former en communication.

” La citation qui me booste

à tous les coups ! “

” Si tu ne construis pas ton propre rêve, quelqu’un va t’embaucher pour te faire construire les siens. ”  – Tony Gaskin

” La chanson qui m’anime

et me fait vibrer ! “

Découvrez le témoignage

de Valérie

sur son parcours

de conseillère doTERRA !

Pour retrouver Valérie, rendez-vous :

par  mail 

– sur Facebook 

– sur YouTube

– sur Instagram

” Elles ne savaient pas que c’était possible, alors elles l’ont fait. “

Partir à la rencontre de femmes entrepreneuses pour comprendre leur histoire, leur parcours, et découvrir leurs challenges, leurs succès, leurs soutiens, leurs peurs, leur confiance et leurs doutes a toujours été une aventure passionnante pour moi. La partager avec vous l’est d’autant plus !

Vous êtes entrepreneuse et souhaitez être interviewée à votre tour ?  Contactez-moi !

Interview de Marit Heldal, formatrice de professionnels de la petite-enfance en Norvège

Interview de Marit Heldal, formatrice de professionnels de la petite-enfance en Norvège

Marit Heldal est professeure du module « Développement de l’enfant, jeux et apprentissages » à l’institut de formation des barnehagelaerer, enseignants de jardins d’enfants, à Trondheim, dans le nord ouest de la Norvège. 

Rencontre.

Parcours

Quel a été jusqu’à présent votre parcours professionnel ?

J’ai d’abord travaillé en tant qu’enseignante avec des enfants âgés de 6 à 10 ans, puis j’ai refait une formation pour travailler en tant que barnehagelaerer. C’est vraiment dans le cadre de ce poste que j’ai notamment découvert l’importance de la coopération entre l’enseignant, l’enfant et ses parents. 

Cette expérience m’a vraiment donné envie de devenir formatrice à l’Institut de la Reine Maude ; mon ambition est avant tout de motiver les étudiants à croire profondément en leurs connaissances sur l’Enfant, et à développer leur confiance en eux de manière à échanger et à agir en tant que professionnels. Je travaille donc actuellement en tant que formatrice pour le domaine « développement de l’enfant, jeux et apprentissages ».

La théorie de l’attachement… Quelle place dans la formation norvégienne ?

Depuis mon arrivée en Norvège, j’observe que la période d’adaptation, quand un enfant commence au barnehage, est parfois de trois jours. Cela me semble très peu. Bien sûr, dans certains cas, ces trois jours sont suffisants. Mais partir du principe qu’un jeune enfant devrait être prêt à intégrer ce nouvel environnement et ce groupe, composé qui plus est de nouvelles personnes, en 3 jours me semble incroyable. Cela m’a parfois donné le sentiment que la théorie de l’attachement était peu connue ici. Cette impression a été validée par le public présent à la conférence d’Allan Schore, fin septembre à Oslo. Quelle est votre positionnement sur cette question ? Parlez-vous de la théorie de l’attachement à vos étudiants, et si oui, de quelle manière le faites-vous ?

Nous parlons de la théorie de l’attachement, et de Bowlby en particulier, pendant les cours sur le développement de l’enfant. Ma référence sur le sujet est plutôt norvégienne. C’est May Britt Drugli, professeur à la faculté de médecine, qui travaille pour le centre régional pour les enfants et les jeunes, et particulièrement pour la santé mentale et le bien-être des enfants en Norvège. Elle s’est beaucoup penchée, ces dernières années, sur le sujet des enfants les plus jeunes commençant au barnehage, et sur la manière dont ils le vivent et le gèrent émotionnellement. Elle a toujours insisté sur la nécessité pour l’enfant de s’attacher à un adulte en particulier au barnehage. Mais cette vision entraîne d’autres problématiques, notamment quand l’adulte en question est malade. Mon objectif premier, en tant que professionnelle et formatrice, est de permettre à mes étudiants de travailler sur leur propre sécurité intérieure. Je commence toujours par essayer de faire remonter en eux leurs ressentis d’enfants, particulièrement dans les relations qu’ils avaient avec les adultes. : comment se sentaient-ils ? Se rappellent-ils de ce qui impactait sur eux ? J’essaie de leur faire revenir en mémoire et décrire des contacts positifs qu’ils ont pu avoir avec des adultes, et comment ils se sont alors sentis. Et de là, je les invite à réfléchir à la manière dont ils souhaitent rentrer en contact avec l’enfant. Je leur propose de réfléchir sur tout cela. Ils vont devenir barnehagelaerer, donc ils doivent avoir une grande sécurité intérieure, car les enfants ressentent tout, et la sécurité ou l’insécurité des adultes les entourant influe donc particulièrement sur eux. Je parle aussi de Freud, de Piaget, de Skinner (qui est à mon sens souvent mal compris), et de Bowlby. Mais j’en parle de manière très simple, et finalement pas énormément.

” Mon objectif premier, en tant que professionnelle et formatrice, est de permettre à mes étudiants de travailler sur leur propre sécurité intérieure. “

Ici, nous envisageons la réalité en tant que système. Un barnehage est un système. Et les employés de ce système sont parfois malades. Donc mon objectif est d’aider mes étudiants à comprendre cette vision systémique, et à essayer de voir comment ce système peut fonctionner aussi bien que possible autour de l’enfant. Les adultes d’un barnehage, par exemple, doivent toujours travailler en équipe, et considérer que chaque enfant est sa responsabilité, même s’il est concrètement dans une autre classe. D’autre part, permettre à un enfant de se sentir sécure ne passe pas seulement par le développement d’un attachement entre cet enfant et un adulte du barnehage, mais passe aussi et beaucoup par l’attachement créée avec la famille et les proches de l’enfant. Apprendre à connaître l’environnement de l’enfant et sa famille est primordial. Je ne suis donc pas seulement centrée sur la théorie de l’attachement. Je la considère en fait plus comme un système qu’une théorie, et je pense que ce système dépend beaucoup des ressources de chacun (l’enfant, le barnehagelaerer, les parents). Un enfant insécure peut l’être car ses parents eux-mêmes le sont, ou car un membre du personnel l’est.

Mes étudiants vont être des leaders. C’est d’ailleurs une des premières choses que je leur dis quand ils arrivent au centre de formation : « Vous allez être des leaders. Vous allez impulser positivement sur la dynamique du barnehage. De cette manière, vous permettrez à l’enfant, à sa famille, à vos collègues et au groupe d’être également sécures. »

Lien d'attachement entre un papa et son enfant

Période d’adaptation… Quelle durée ?

Donc vous ne conseillez pas une longueur particulière pour la période d’adaptation de l’enfant au barnehage ?

Non, mais je pense que cela doit être flexible. Et j’ajoute : pourquoi les rencontres avec les parents devraient se faire dans un bureau ? Pourquoi plutôt ne pas inviter les parents et l’enfant à passer du temps ensemble au barnehage Parfois, les parents n’ont pas beaucoup de temps. Mais je crois qu’il est très important de leur faire sentir qu’ils sont bienvenus, et que leur présence est vraiment importante dans cette période. Quand je travaillais en tant que barnehagelaerer, j’ai rapidement compris l’importance d’échanger en ayant le parent assis près de moi, plutôt qu’il soit d’un côté d’une table, et moi de l’autre. Passer du temps ensemble, aller se promener, voire rendre visite à la famille chez elle si la situation semble le nécessiter, me semblent être des moyens très positifs pour apprendre à connaître les parents et à créer une relation solide avec eux. Il est primordial pour moi de partager cette vision avec mes étudiants.

” Si nous vivions dans un monde en harmonie avec le développement de la Nature, parents et enseignants se lieraient d’abord d’amitié, puis les parents assumeraient le rôle qui leur est dévolu et présenteraient les enseignants à leurs enfants. “ – Gordon Neufeld

Le lien parents-enseignants

C’est amusant : ce que vous dites là me rappelle une phrase de Gordon Neufeld. Selon lui, ” si nous vivions dans un monde en harmonie avec le développement de la Nature, parents et enseignants se lieraient d’abord d’amitié, puis les parents assumeraient le rôle qui leur est dévolu et présenteraient les enseignants à leurs enfants. “

C’est tellement vrai. Je ne connais pas encore Gordon Neufeld, mais il exprime vraiment ici ce que je pense. Nous devons effectivement devenir amis. Nous devons aller pour moi au-delà du simple point de vue professionnel. Ou plutôt, être professionnel revient pour moi dans cette situation à devenir amis. Si je parviens à partager cette vision- là de notre métier avec mes étudiants, et s’ils la vivent réellement, je pense qu’ils exerceront ce métier plus longtemps. Nous savons en effet que les barnehagelaerer quittent souvent ce poste après quelques années de pratique. C’est un métier très prenant. Peut-être ce constat est-il dû au fait qu’ils en font trop, mais je pense également que souvent, ils maintiennent une distance trop grande, humainement, avec les enfants et leurs parents. Ils ont peur de devenir trop proches. Je pense que l’important est déjà de se rencontrer soi-même, en étant à l’écoute de ses sentiments, de ses émotions… pour pouvoir ensuite rencontrer l’Autre. Etre barnehagelaerer nécessite la capacité de bien comprendre toutes les strates des relations humaines. J’essaie donc de les faire réfléchir aussi à cet aspect du métier.

L’entrée au jardin d’enfants… A quel âge ?

Pour vous, si l’enfant est pris en charge ainsi au barnehage, lui faire débuter cette vie en collectivité à 1 an est adapté ? Ou bien pensez-vous qu’attendre un peu serait plus pertinent ?

Voilà une question difficile. Je pense que le barnehage est un environnement adapté à l’enfant, même s’il est très jeune, à partir du moment où les adultes présents l’accompagnent de manière adaptée. Tous les adultes barnehagelaerer et assistants. Il est primordial qu’ils réfléchissent à leurs pratiques, qu’ils ne cessent jamais de se questionner, de se remettre en question, l’important étant de rendre les enfants totalement sécures. De toute façon, aujourd’hui, presque 95% des enfants fréquentent le barnehage. Que feraisje, moi, si j’avais maintenant un jeune enfant ? Je choisirais probablement un barnehage dans lequel j’ai totalement confiance. Je comprends parfaitement que les parents soient insécures, posent des questions, aient besoin d’avoir beaucoup de renseignements et d’informations. Et mes étudiants doivent comprendre pourquoi les parents ressentent cette insécurité, et ils doivent l’accueillir avec respect. Cela fait également partie de leur travail.

Vous ne conseillez donc pas forcément non plus aux jeunes enfants d’avoir des journées plus courtes au barnehage ?

Je pense que ça dépend de la situation globale. Je ne souhaite pas que les parents restent à la maison avec leur enfant plutôt que d’aller travailler. Je pense qu’un parent à la maison déprimé, car se sentant en marge de la société, a une influence pire pour l’enfant que ne l’est celle du barnehage.
Nous avons connu beaucoup de débats sur ce sujet en Norvège depuis dix ans. Pour moi, l’important est de montrer 
à mes étudiants comment ils peuvent contribuer à créer une dynamique relationnelle positive et sécure au sein d’un groupe d’enfants ; et de quelle manière un enfant peut apprendre d’un autre enfant, et comment ils peuvent aussi apprendre ensemble, que ce soit sur les plans émotionnel, social, physique, cognitif… Utiliser les ressources apportées par chacun dans le groupe pour que chaque enfant soit sécure et rencontré là où il en est, à quelque étape de son développement que ce soit. Voilà l’essentiel, et sans doute le plus complexe.

Des bambins au jardin d'enfants

Quelle(s) formation(s) pour les professionnels des jardins d’enfants norvégiens ?

A propos des barnehagelaerer, j’ai le sentiment que beaucoup d’étudiants commencent la formation après avoir travaillé quelques années, pas directement après le bac. Est-ce exact ?

Ce ne sont pas des statistiques officielles, mais mon expérience montre que quelques-uns des étudiants ont 18 ou 19 ans, et quelques-uns ont plus de 25 ans. Mais la plupart ont entre 20 et 25 ans. Et j’observe que l’âge ne veut rien dire. J’essaie de toute façon de rencontrer chaque étudiant là où il en est également, que ce soit en terme de développement personnel et de connaissances.

Pour moi, ce métier est juste le plus important au monde. Le dire ainsi peut sembler grandiloquent, presque religieux. Mais c’est important, la responsabilité est grande. Après leur avoir souhaité la bienvenue, je rappelle dont à mes étudiants, en début d’année, à quel point je les trouve courageux, et à quel point leurs responsabilités vont être immenses. La manière dont ils vont exercer leur métier aura une influence et un impact sur chacun des enfants dont ils vont être amenés à s’occuper. S’approprier les connaissances, le vocabulaire, les faire siens, rester soi- même, avoir conscience de soi-même, des autres et de ce qui se passe quotidiennement dans le barnehage : voilà vraiment ce que j’essaie de transmettre à mes étudiants.

” Pour moi, ce métier est juste le plus important au monde. Le dire ainsi peut sembler grandiloquent, presque religieux. Mais c’est important, la responsabilité est grande. “

Au sujet du personnel, il est assez frappant, en Norvège, de constater que dans une équipe, seul le barnehagelaerer est en général formé. Les assistants, la plupart du temps, ne le sont pas. Quel regard portez-vous sur cette réalité ?

C’est un énorme problème selon moi. La qualité de l’accueil ne peut jamais être trop bonne. C’est donc vraiment dommage qu’il y ait tant de « non-professionnels » dans ce secteur d’activité. La Norvège a connu un boom des barnehage quand le gouvernement a déclaré que chaque enfant du pays devait avoir une place en barnehage. La profession n’y était pas du tout préparée. Cela a donc créé beaucoup de problèmes. J’espère que nous parviendrons à les résoudre dans les années à venir.

Avez-vous justement connaissance de projets de formation d’assistants ?

Oui, l’Institut où je travaille en dispense déjà une. C’est très populaire. Les assistants qui la suivent sont très intéressés et investis dans leur travail, donc très motivés. ll y a bien sûr aussi des assistants avec des niveaux de qualification plus importants qui ne sont pas du tout investis dans leur poste. C’est comme dans tous les secteurs d’activité. Mais c’est vraiment dommage quand on travaille avec quelque chose d’aussi important et précieux que l’enfant et l’être humain. Nous devrions tous être dévoués. Accompagner des étudiants dévoués, c’est ma priorité.

Quels autres professionnels peuvent intervenir dans les barnehage?

Les personnels du service éducatif et psychologique et du service psychiatrique de l’enfant si besoin il y a. Les barnehagelaerer travaillent en coopération avec ces aides extérieures. Ils connaissent bien l’enfant, les parents. Observer l’enfant puis discuter avec les parents pour qu’ils acceptent cette aide précieuse fait partie de ce processus. Et là encore, créer cette belle coopération autour de l’enfant est définitivement plus facile quand on est ami avec ses parents. Toute la dynamique de travail sur l’attachement est primordiale dans ces situations là également.

” Quand j’observe qu’un enfant est isolé dans un groupe, je prends la décision de concentrer l’ensemble des mes efforts et de mon attention sur cet enfant, de vraiment l’accepter et l’aimer tel qu’il est, de manière globale, avec tout mon cœur, tout mon corps et toute mon intention. “

L’accompagnement et l’intégration d’enfants se sentant au départ isolés

Pour finir, on parle beaucoup du développement des compétences sociales au barnehage. Comment accompagneriez-vous un enfant qui reste un peu en retrait du groupe, par exemple ?
Il est assez facile de se rendre compte qu’un enfant est isolé dans un groupe. Quand je l’observe, je prends la décision de concentrer l’ensemble des mes efforts et de mon attention sur cet enfant, de vraiment l’accepter et l’aimer tel qu’il est, de manière globale, avec tout mon cœur, tout mon corps et toute mon intention. Alors les autres enfants vont pouvoir observer à leur tour que j’apprécie profondément cet enfant, que je prends soin de lui également. Puis j’essaie de découvrir ses ressources, et je crée une situation où cet enfant va avoir la possibilité de m’aider, de collaborer avec moi, de devenir mon assistant. Et cette façon d’intégrer l’enfant isolé dans nos activités lui permet généralement de créer des liens dans le groupe.

J’ai également parfois accompagné des enfants qui arrivaient au barnehage avec des vêtements sales, ou qui sentaient mauvais. Je pense qu’il ne faut jamais sous-estimer l’importance des sens chez les enfants, et entre eux. Je les aidais toujours à se changer s’ils étaient d’accord. Nous devons toujours avoir des vêtements, des chaussures, des chaussons supplémentaires pour que cela soit possible, et qu’aucun enfant dans aucun barnehage ne soit jamais stigmatisé.

 

 

”  Elevons des enfants qui n’auront pas à se remettre de leur enfance ” – Pam Leo

Ayant quitté la France avec ma famille pour expérimenter une autre vision de l’enfance et de son accompagnement, je suis heureuse de la partager avec vous via ce blog pour élargir l’horizon des possibles. Retrouvez la liste de ces derniers ici.

N’hésitez pas à découvrir les albums des Editions Lire au Monde en complément !

Des huiles essentielles pour accompagner notre rentrée !

Des huiles essentielles pour accompagner notre rentrée !

Pour certains, septembre rime avec rentrée : reprise du rythme de travail classique, retour à l’école… Et pour d’autres, la transition est plus douce… Mais dans tous les cas, cette période constitue une forme de passage.

Faire des huiles essentielles nos compagnes de route nous offre à cette occasion, quelle que soit notre réalité, une certaine autonomie dans la réponse à nos besoins physiques et émotionnels, tant en prévention qu’en cas de symptômes. Inspirant, non? Vous avez souvent été tenté, mais vous pensez que leur utilisation est dangereuse ? Compliquée ? Alors suivez le guide, notamment pour cette rentrée !

 

Une huile essentielle, kesako ?

Il s’agit de l’essence volatile extraite de plantes aromatiques par la distillation. Toujours avoir en tête que c’est un concentré : on considère en effet en moyenne qu’ 1 goutte d’huile essentielle de qualité équivaut à la puissance thérapeutique d’une trentaine de tasses de tisane de la plante correspondante.
Nul besoin d’ajouter, donc, qu’un des nombreux avantages des huiles essentielles est qu’elles sont très économiques !

 

Comment choisir ses huiles essentielles… 

Parmi les critères importants à considérer :

  • le lieu de vie du végétal et le soin apporté à la récolte :  : pour que votre huile soit de qualité, vous devez toujours connaître le lieu où le végétal qui a permis de l’obtenir a poussé, et vous assurer qu’il s’agit bien de son milieu naturel d’origine. Car l’huile essentielle obtenue par la distillation de fleurs de lavande, par exemple, n’a pas du tout la même composition chimique si cette lavande pousse en Norvège, en Provence ou en Bulgarie, par exemple ! Par conséquent, si vous souhaitez utiliser des huiles essentielles, difficile de consommer 100% local… Enfin, récolter pour produire des huiles essentielles demande un savoir-faire ancestral : la période de l’année, l’heure, la maturité du végétal, l’attention qu’on lui consacre… Tant de facteurs qui influeront sur la qualité de l’huile obtenue.
  • le processus de production : expression à froid du zest pour les agrumes, qu’on appelle des essences ; distillation de certaines parties du végétal pour les huiles essentielles. Qu’on utilise la fleur, la feuille, l’écorce, la sève, la racine, distiller est un art, et la durée du processus, notamment, est majeure pour que la composition moléculaire de l’huile soit la plus optimale possible.

… Et comment prendre ses responsabilités de consom’acteurs ?

  • l’éthique et la transparence : prendre soin de nous avec des huiles produites souvent à l’autre bout du monde, sans qu’aucun soin ne soit porté aux récoltants et distillateurs, qui ne vivent généralement pas de cette activité saisonnière… Paradoxal n’est-ce pas ? C’est pourtant souvent le cas… Et cela joue sur la qualité ! Car un récoltant mal payé va logiquement essayer de déjouer le système : augmenter le volume de production en coupant les huiles, en raccourcissant les temps de distillation… Voici des pratiques courantes et compréhensibles… Alors que ce soit pour l’aspect humain, environnemental et qualitatif, renseignez-vous bien sur l’éthique de la marque choisie ! Posez des questions, soyez curieux : c’est votre droit et quel bonheur de prendre des décisions en connaissant ce que votre huile a vécu avant de l’utiliser !
  • la simplicité de la gamme et l’accompagnement : l’aromathérapie est un univers immense, riche et complexe, qui peut demander une certaine expertise… Démocratiser l’utilisation des huiles essentielles en toute sécurité me semble malgré tout possible si 3 critères sont respectés : la qualité thérapeutique des huiles ; une gamme simplifiée ; un accompagnement le temps de prendre ses marques et de se sentir à l’aise !

Simplicité et accompagnement autour des huiles essentielles

 

Label bio : nécessaire, ou pas forcément ? 

Si les labels bio internationaux existant ne garantissent pas la qualité moléculaire de l’huile, ils ne garantissent pas non plus du 100% bio !
La transparence via l’accès aux analyses faites sur votre huile est donc à mon sens aujourd’hui le seul moyen d’être sûr de consommer de l’huile 100% bio, qu’elle soit ou non labellisée !

 

3 modes d’utilisation des huiles essentielles :

  • la voie olfactive : Diffusez des huiles avec un diffuseur à ultra sons ! C’est doux, c’est agréable, et vous bénéficiez de leurs qualités thérapeutiques. En effet, cette utilisation est parfaite pour assainir votre environnement, pour prendre soin de vos émotions et de votre système respiratoire !
  • la voie cutanée : Diluez votre huile pour vous l’appliquer sur la peau ; vous lui permettez ainsi de passer dans le sang et d’aller visiter tout votre organisme en s’arrêtant là où il en a besoin. Magique n’est-ce pas ?! 1 goutte d’huile essentielle diluée dans une cuillère à café d’huile végétale de qualité… et hop ! On se masse l’endroit du corps qui a mal, ou bien la plante des pieds ou le dos si c’est un état fébrile diffus. Et pour les émotions, les poignets, le plexus solaire ou les chakras (si vous connaissez !) sont toujours des points d’application intéressants !
  • la voie interne : Si les essences d’agrumes peuvent aromatiser votre eau tout en douceur, toutes les autres huiles essentielles prises en interne sont réservées aux adolescents et aux adultes, et doivent toujours être diluées. La même règle s’applique ici : 1 goutte dans 1 cuillère à café d’huile végétale ou dans une gélule végétale… Mais rappelez-vous : hors pathologie particulière et protocole réalisé par un aromathérapeute, la prise en interne n’est jamais absolument nécessaire !

Et une règle importante : le peu est le mieux ! Une goutte à la fois suffit toujours ! En prévention, se limiter à une utilisation 1 à 2 fois par jour ; en cas d’apparition de symptômes, renouvelez la toutes les deux heures.

 3 modes d'utilisation

 

Quelles huiles essentielles pour la rentrée ?

 

Quelques précisions pour commencer :

  • La plupart des huiles proposées ci-dessous sont réservées aux enfants de plus de 6 ans, aux adolescents et aux adultes. Pour vos bambins, je vous conseille les synergies pédiatriques (roll-on avec bouchons blancs sur la photo ci-dessous).
  • Certaines huiles essentielles sont déconseillées pour certaines pathologies ou en cas de prise de certains autres traitements. Renseignez-vous si vous êtes concerné(e) !
  • Et bien sûr, aucune de ces propositions ne remplace un avis ou une prescription médical(e) : en cas de doute, consultez !

Mes huiles essentielles & synergies préférées pour accompagner cette période de transition :

Nettoyer l’organisme après l’été : le citron (1) pour toute la famille ! 

Booster l’immunité : la synergie OnGuard (2) pour les ados et les adultes ; l’arbre à thé (3) ou la synergie Stronger (4) pour les enfants

Prévenir les rhumes : la synergie Air (5) pour les ados et les adultes ; l’eucalyptus radié (6) pour les enfants

Accompagner les transitions : la synergie Balance (7), ou la synergie Steady (8) pour les enfants

Dissiper les appréhensions : la synergie Peace (9)  pour les ados et les adultes ; Tamer (10) pour les enfants

Se donner du courage : la synergie Motivate (11) pour les ados et les adultes ; Brave (12) pour les enfants

Tenir les poux à distance… ou s’en débarrasser : la lavande fine (prévention) (13) ; l’arbre à thé (traitement) (3)

Reprendre le sport et préparer ou soulager les muscles ? la synergie Deep Blue (14) pour les ados et les adultes ; la synergie Rescuer (15) pour les enfants

Soutenir la concentration : le Citron (1) ou la synergie InTune (16) pour les ados et les adultes ; la synergie Thinker (17) pour les enfants

Accompagner le sommeil : la Lavande (13) ou la synergie Serenity (18), la synergie Calmer (19) pour les enfants

Continuer à prendre soin de sa peau : La lavande (13) et/ou l’encens (20) pour toute la famille !

(*) Une synergie est un assemblage de plusieurs huiles essentielles simples. Les synergies évoquées dans cet article sont créés par le laboratoire de recherches de la marque doTERRA.

 Les huiles essentielles pour la rentrée

Leurs huiles préférées pour la rentrée ?!

” Je choisis Motivate sans hésitation, pour son odeur mais aussi pour se motiver en cette période de transition ! ” 

Alison

” Le Néroli, pour prolonger l’odeur des vacances et trouver apaisement et détente en cette période, source de stress. ”

Stéphanie

” Whisper a été pour moi un coup de cœur ! Chaleureuse, envoûtante, idéale pour renouer avec sa part féminine en cette période de l’année ! “

Bénédicte

” Pour la rentrée, j’aime diffuser Citron, Menthe & Romarin pour « se remettre dans le bain » ! “

Valérie

” J’aime beaucoup la synergie InTune pour son parfum : cette synergie me permet de rester focus, concentrée et efficace. ” 

Anne-Cécile

L’hélichryse ! C’est mon écran total naturel et respectueux de la planète quand je vais surfer l’été… et elle m’accompagne ainsi jusqu’à fin septembre ! ” 

Véronique

” Gagnez en autonomie & en responsabilité dans le soin de vous-même ! “

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Interview d’Ellen Beate Hansen Sandseter

Interview d’Ellen Beate Hansen Sandseter

Ellen Beate Hansen Sandseter,

professeur du module « Nature, Santé et Mouvement» à l’institut de formation des barnehagelaerer de Trondheim

Quel est votre poste actuellement ?

J’étais à la base professeur d’éducation physique, et j’ai suivi une formation de psychologie réservée aux enseignants.  Je suis aujourd’hui formatrice à l’Institut de formation des barnehagelaerer de Trondheim. J’enseigne ce qui est à présent devenu le domaine de compétences « Nature, Santé et Mouvement ». En général, les formateurs de l’Institut sont généralement aux-mêmes barnehagelaerer, sauf pour les sujets spécifiques comme le mien, les mathématiques, la nature et les sciences, et les arts.

En Norvège, tous les enseignants sont formés au même endroit, qu’ils souhaitent ensuite travailler en barnehage public ou privé ?

Oui, en Norvège, il existe une seule formation, de laquelle sortent des professionnels enseignants certifiés. C’est la formation publique nationale, et c’est la même pour tous, dans tout le pays.

L’intitulé du poste des étudiants que vous formez a récemment changé. Avant, ils étaient ” enseignants de l’école maternelle “. A présent, ils sont « enseignants de jardin d’enfants ». Pouvez-vous nous en dire davantage ?

La profession a été effectivement renommée. Une réforme de l’éducation assez importante a été mise en place depuis environ un an et demi, et concrètement mise en œuvre en août 2013. 

Les objectifs de la formation restent les mêmes, mais ils sont construits différemment. Le cursus n’est par exemple plus réparti en « sujets » mais en « aires de compétences » 8. L’institution préfère que les apprentissages soient organisés ainsi, de manière plus holistique.

Le changement de nom du poste est, selon moi, clairement un acte politique : ainsi, on ne souhaite pas voir le barnehage juste comme ce qui existe avant l’école. La profession souhaitait vraiment s’affirmer comme indépendante, et autre qu’une simple préparation à l’école.

La formation est-elle identique, que les étudiants souhaitent travailler avec des enfants de 0 à 3 ans ou de 3 à 6 ans ?

Oui, c’est la même. La formation permettra aux étudiants de travailler avec des enfants de 0 à 6 ans. Il est de toute façon important de connaître l’intégralité du développement de l’enfant pour cette tranche d’âge, de manière à savoir ce qui s’est passé avant, et ce qui se passera après.

Par contre, au cours de la troisième année, les étudiants peuvent choisir d’approfondir un sujet dans le cadre de la rédaction d’un mémoire 9, et ce sujet peut-être l’accompagnement des tout-petits.

Ensuite, lorsque leur formation est terminée, ils ont les compétences pour travailler avec des enfants de 0 à 6 ans. De toute façon, quand ils cherchent du travail, ils ne postulent pas pour un groupe d’âge, mais pour un poste en barnehage. Ils peuvent donc travailler quelques années avec les jeunes enfants, puis quelques années avec les enfants plus âgés.

Les équipes en poste sont composées de quel type de professionnels ?

Les barnehagelaerer, qui sont formés, et les assistants, qui ne le sont en général pas, du moins au départ.

Si vous deviez citer les deux ou trois choses primordiales que vous souhaitez transmettre à vos étudiants et que vous aimeriez qu’ils gardent en tête tout au long de leur carrière ?

Les études qualitatives montrent que la compétence relationnelle du professionnel vis à vis des enfants est primordiale. Les compétences et les connaissances permettant au barnehagelaerer d’assister l’enfant dans le développement des relations avec les autres, que ce soit les enfants ou les adultes, et d’aller à la rencontre de chaque enfant, en considérant son stade de développement et ses besoins, me semblent effectivement essentielles. Je dis également à tous mes étudiants que s’ils ne sont pas capables de faire revivre l’enfant de 3 ou 4 ans en eux, ils ne doivent pas devenir barnehagelaerer. Si leur but est de boire un café dans un coin de la classe et de regarder les enfants, ils ne pourront jamais être des pédagogues. Ils ont besoin de s’engager dans ce métier. Ils doivent aimer jouer avec les enfants, soutenir leur développement, s’impliquer dans les activités, toujours être conscient de ce qui se joue et représenter un support sécure pour l’enfant.

Enfin, les étudiants doivent développer la compétence suivante : utiliser les situations de jeux comme des supports d’apprentissages. L’idée est de s’intéresser à l’intérêt des enfants pour quelque chose à un moment donné, et d’avoir la capacité de créer spontanément des situations d’apprentissages sur le sujet. Et pour pouvoir être aussi flexible, ils ont vraiment besoin de savoir ce qu’ils font, et d’avoir les connaissances leur permettant de les faire soudain ressortir sans que cela n’ait été planifié. Je pense vraiment que les enfants de 0 à 6 ans sont les plus motivés pour apprendre si l’on suit leurs centres d’intérêts.

Pour moi, un barnehagelaerer utilise à la fois ses compétences personnelles et ses connaissances académiques. En Norvège, on se focalise beaucoup sur le terme d’Education. Pour les enfants, ce terme regroupe à la fois les apprentissages et le développement. C’est la même chose pour les barnehagelaerer. Ils doivent traverser tout ce processus d’apprentissage pour avoir au final les compétences personnelles et les connaissances académiques requises.

Vous le savez sans doute : beaucoup de parents étrangers sont assez surpris quand ils visitent un barnehage norvégien pour la première fois. Certains ont le sentiment que les enfants jouent librement, de manière assez brutale parfois, sans qu’il semble y avoir de règle.

Je pense que cela dépend du pays d’origine de ces parents. C’est vrai que les jardins d’enfants, dans d’autres pays, ressemblent davantage à l’école. En Norvège, nous sommes très représentatifs du « modèle nordique », basé sur le jeu libre, l’exploration et le développement des compétences motrices et sociales de l’enfant : apprendre à devenir un bon citoyen, à respecter les autres, à se faire des amis et à les garder, comprendre quel genre de société on souhaite créer… Les apprentissages académiques à cet âge ne sont pas très importants pour nous, car on estime qu’ils arrivent naturellement quand l’enfant peut jouer librement et être actif de multiples façons.

Je pense que c’est ce qui donne parfois l’impression que les enfants ne font que jouer et que rien n’est planifié. Mais tous les barnehage ont un planning pour l’année, pour le mois, pour la semaine. Par contre, c’est sûr qu’on garde beaucoup de flexibilité, l’important étant de proposer un environnement de jeux qui peut soutenir le développement global de l’enfant.

Si le barnehagelaerer a pour objectif un apprentissage scientifique en lien avec la Nature, c’est évident qu’il ira en forêt avec les enfants plutôt que d’utiliser des photos, par exemple.

J’ai récemment entendu parler d’un documentaire norvégien en cours de réalisation, qui présente la manière française d’élever les enfants comme un modèle. Avez-vous lu cet article ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

J’ai effectivement lu cet article. Ce que j’ai compris, c’est que cette équipe souhaitait montrer de quelle manière on pouvait être plus exigeants avec les enfants. En Norvège, on protège peut-être trop nos enfants en un sens. Ils n’ont pas de notes à l’école, ni d’appréciations de la part des professeurs car on craint que cela les blesse. Il faut peut-être les confronter à la réalité. En France, le système scolaire est plus exigeant : les enseignants ont plus d’attentes vis-à- vis des enfants, font davantage de commentaires sur leur travail.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? Que pensez-vous par exemple de la volonté ici de ne pas donner aux élèves de notes ?

En fait, je ne pense pas qu’on devrait surprotéger nos enfants. Ils ont besoin de savoir à quoi ressemble la réalité. Mais pour les notes à l’école, je trouve que n’en donner qu’à partir de 13 ans, c’est largement assez tôt. En Angleterre, les enfants sont notés dès qu’ils ont 5 ou 6 ans, et les études montrent des taux de dépressions et de suicides très élevés. Les enfants souffrent énormément du fait d’être constamment jugés. On doit sans doute trouver un juste milieu entre les deux systèmes.

Mais en vous écoutant, je trouve que votre système scolaire ressemble en fait à votre système social et professionnel. La hiérarchie est très peu marquée généralement, et les gens sont très peu dans le jugement. Tout cela est donc très logique en un sens.

Oui, nous sommes un pays très démocratique, et cela ressort aussi dans notre système scolaire. Mais quand j’étais enfant, il y avait beaucoup plus de discipline à l’école. Les enseignants étaient beaucoup plus autoritaires, et étaient beaucoup plus respectés. C’est en tout cas mon avis. Cela explique que beaucoup de norvégiens aimeraient revenir en arrière. Nous souhaitons donc conserver notre société égalitaire et démocratique, mais il est important de mettre en place de bons environnements d’apprentissages. Et parfois, il faut avouer que c’est l’anarchie complète en classe. Je pense que cette évolution est également due au fait que les parents ont maintenant souvent un niveau d’études important, et questionnent davantage les choix des éducateurs et des enseignants qu’auparavant. Beaucoup de choses sont à mon sens très positives concernant l’éducation dans notre pays, mais nous avons, comme partout, le revers de la médaille également.

Être jeune enfant, parent et professionnel de la Petite-Enfance aujourd’hui, à Oslo, en Norvège…

Être jeune enfant, parent et professionnel de la Petite-Enfance aujourd’hui, à Oslo, en Norvège…

Holmenkollen, la station de métro qui dessert le site du tremplin à skis à Oslo. Il est 15h45 environ. De nombreux touristes et quelques travailleurs attendent le métro pour redescendre dans le centre-ville. La rame apparaît au milieu des arbres, serpente dans ce dernier virage, puis s’arrête. Les portes des deux premières voitures s’ouvrent, les voyageurs rentrent. Ils peinent à trouver une place entre des jeunes enfants, qui engagent assez rapidement la conversation avec eux. Fréquentant un barnehage1 situé dans la forêt, sur cette petite montagne surplombant Oslo, ces enfants sont déposés par les éducateurs à l’une des stations de la ligne qui redescend dans le centre d’Oslo, et c’est ainsi qu’ils retrouvent chaque soir leurs parents.

Des structures d’accueil le plus possible au cœur de la nature…

Envisager l’accueil des enfants d’âge préscolaire, c’est-à-dire entre 1 et 6 ans, à l’intérieur, semble parfois tout simplement inconcevable pour les Norvégiens. Voilà pourquoi certains parents choisissent de confier leurs enfants dans des barnehage situés en dehors du centre-ville, souvent en forêt, dans les zones les plus vertes d’Oslo. Quelques unes de ces structures d’accueil sont même quasiment exclusivement extérieures. On les appelle les « utebarnehage ». Leurs petits locaux, situés au milieu d’un immense parc, permettent juste aux enfants d’y faire quelques activités ou d’y manger en cas de très grand froid, et bien sûr d’aller aux toilettes. Mais la plus grande partie de la journée, y compris le repas, se passe généralement à l’extérieur.

Dans les barnehage classiques, la plupart des enfants, par groupes, bénéficient au moins d’une journée entière passée en plein air chaque semaine. L’été, le plus fréquent est d’aller en forêt, d’y faire un feu, de déjeuner autour en dégustant des grillades, et de profiter de ce terrain de jeu grandeur nature. L’hiver, on peut bien sûr y ajouter les activités liées à la neige : luge, skis, patins à glace…

Dans tous les cas, vous l’aurez compris, c’est dehors que les enfants passent ici beaucoup de leur temps en structure collective. Le reste de la semaine, il est habituel que cela représente quotidiennement à peu près la moitié de leurs journées : ils sont parfois accueillis dehors, ils déjeunent souvent dehors, ils dorment quasiment toujours dehors, sur leur peau d’agneau et chaudement emmitouflées dans leurs poussettes. L’hiver, la seule restriction est la température ressentie: au-dessous de –10 C, les enfants sont censés faire la sieste à l’intérieur.

Une partie des jardins ressemble parfois à ceux des crèches ou cours d’écoles maternelles françaises. Mais si l’intégralité n’a pas pu être gardée sauvage, un petit coin de jardin au moins le reste toujours un minimum: une petite forêt vallonnée, un terrain accidenté, des arbres à escalader… La vision norvégienne de l’enfant rend totalement indispensable ce terrain de jeux qu’est la Nature, et qu’elle soit laissée dans son état le plus naturel possible est primordial.

De plus, si la prise de risque est surveillée, elle est aussi permanente et encouragée. Aucun adulte n’aurait, par exemple, l’idée d’aller empêcher un enfant commençant tout juste à marcher de s’aventurer sur la partie pentue d’un jardin, qu’elle soit sèche, mouillée, enneigée voire glacée. Aucun. Sauf peut-être un professionnel étranger nouvellement arrivé dans le pays. Et très vite, lui aussi verra à quel point l’enfant qu’on laisse libre de ses mouvements cherche son équilibre, le trouve souvent, tombe parfois, et demande de l’aide si besoin. Mais au final, il se relève toujours, heureux d’avoir essayé, d’avoir atteint son objectif seul, ou en coopérant avec un adulte ou un enfant aîné.

Un accueil en structures collectives réservé aux enfants de 1 à 6 ans

En Norvège, les plus jeunes enfants à entrer en collectivité ont autour de 12 mois. Leurs parents bénéficient tous d’une première année de congé maternité et paternité, souvent répartie de la manière suivante : 9 mois pour la maman (« mamaperm »)et 3 mois pour le papa (« papaperm »), durant lesquels une allocation équivalente à 100% du salaire du parent est versée.

De nombreuses activités sont alors proposées aux familles pour leur permettre le maintien d’une vie sociale: d’une part, les centres médicaux convient les mamans ayant accouché à la même période à intégrer un petit groupe composé de 6 à 8 femmes et de leurs bébés, et les encouragent à se retrouver régulièrement pour marcher, boire un café, faire une visite… On les appelle les « barselsgruppe » (« groupe de maternité »). Cette tradition étant très ancrée et appréciée, la quasi-totalité des jeunes mamans y participe! Et pas de souci pour trouver des idées de sorties: de nombreuses initiatives privées offrent aux jeunes mamans des multiples possibilités: participer à un cours de baby yoga, de baby song, ou encore à une visite de musée adaptée aux bébés sont des envies très aisées à concrétiser à Oslo! La journée, les cafés de la capitale sont également quasi exclusivement fréquentés par des groupes de jeunes parents et de leurs bébés, en semaine tout du moins.

D’autre part, ces derniers peuvent également se retrouver dans les åpenbarnehage3, qui sont à peu près l’équivalent des accueils parents-enfants en France. Les familles y apprécient un environnement adapté, et l’accompagnement par un professionnel de la Petite-Enfance. S’ils sont officiellement destinés aux enfants entre 0 et 6 ans et à leurs parents, ces åpenbarnehage sont surtout fréquentés par des bébés de 3 à 12 mois. En effet, au terme de cette première année durant laquelle ce temps familial est vraiment privilégié, les parents ont plusieurs options :

– permettre à l’un d’eux de ne pas reprendre le travail pour poursuivre l’accompagnement de l’enfant à la maison. Ce sont souvent ces parents qui continuent à fréquenter les åpenbarnehage avec des enfants devenus donc un peu plus âgés, ou encore qui utilisent les barnepark4, mode de garde cette fois-ci, où les enfants ne restent que quelques heures par semaine. Actuellement, peu de norvégiens choisissent cette option, soit pour des raisons financières, soit pour rester dans une dynamique professionnelle. C’est d’ailleurs ce qui explique la quasi disparition des barnepark à Oslo (il en reste seulement deux pour toute la ville actuellement).

– choisir une dagmama, c’est-à-dire une assistante maternelle. Ici, aucune formation, aussi minime soit-elle, n’est demandée pour devenir « dagmama ». Il suffit juste de trouver des familles intéressées par ce service, et de déclarer son activité à l’office des taxes. La simplicité de cette procédure explique que c’est une activité souvent choisie par des femmes étrangères arrivant en Norvège.

– choisir une structure d’accueil collectif… ou plutôt faire une liste de souhaits, et attendre la réponse de la mairie! Comme dans beaucoup d’autres capitales, le nombre de barnehage n’est, selon les quartiers d’Oslo, pas toujours proportionnel aux besoins. Les familles choisissent donc cinq barnehage, soumettent cette liste à la mairie, et reçoivent la réponse de cette dernière après quelques semaines. Parfois, elles obtiennent une place dans le barnehage figurant en haut de leur liste ; souvent, dans un de ceux qui y figurait plus bas; mais il arrive aussi que le barnehage attribué à leur enfant soit tout autre, et potentiellement éloigné de leur habitation.

Une offre de structures à la fois publique et privée, et des équipes au total peu formées

Il existe des barnehage publics et privés. Leurs tailles peuvent beaucoup varier : aux deux extrémités de l’offre, on trouve par exemple les « familiebarnehage »6, et les « basebarnehage ». Les premiers accueillent de tout petits effectifs d’enfants de 1 à 3 ans, soit au domicile de l’un d’eux, soit dans une maison louée par le groupe de parents à cet effet. Les seconds sont d’énormes structures, dans lesquelles les enfants se partagent les espaces et le personnel, avec donc beaucoup moins de repères. Entre les deux, les barnehages « classiques » sont de taille moyenne, composés d’espaces réservés à chaque groupe d’enfants et d’adultes y évoluant.

La plupart des barnehage publics sont ouverts de 7h à 17h, et couvrent ainsi à peu près l’amplitude de travail des parents. Les barnehage privés ont en général une amplitude horaire un peu moins large (de 7h30-45 à 16h30).

Dans ces barnehage, chaque groupe d’enfants est pris en charge par une équipe, selon le ratio suivant : 1 adulte pour 3 enfants de 1 à 3 ans, et 1 adulte pour 5 enfants de 3 à 6 ans. Et en Norvège, la plupart des équipes sont composées d’un barnehagelaerer7 et de plusieurs assistant(e)s, en général non formé(e)s aux métiers de la Petite- Enfance. Il s’agit la plupart du temps de jeunes adultes occupant ces postes pour pouvoir ensuite financer leurs études, ou d’ étrangers qui profitent de cette expérience et du contact avec de jeunes enfants pour apprendre la langue. Parfois, notamment dans les barnehage privés, un « pédagogue » rejoint l’équipe pour participer à la mise en place d’une pédagogie spécifique. Ici, quand les barnehages affichent un choix pédagogique, ils se réfèrent pour la plupart à Rudolf Steiner et Reggio Emilia , et pour certains à Maria Montessori.

Le barnehagelaerer, quant à lui, a suivi une formation de trois ans. Cette dernière lui permet d’aborder, au fil de ces trois années, des domaines tels le développement de l’enfant, le jeu et les apprentissages, la nature, la santé et le mouvement ou encore la société, la religion et l’éthique mais aussi le leadership et le travail d’équipe ; il effectue également des stages en barnehage pendant une durée totale d’environ trois mois et demi sur la totalité des trois années de formation ; il rédige enfin, au cours de sa dernière année d’étude, un mémoire sur des thèmes comme le langage, le jeu et l’identité dans une perspective de diversité culturelle, la santé infantile, ou l’accompagnement des enfants les plus jeunes.

L’ école après 6 ans… et quelques débats sur « l’avant » !

Comme dans beaucoup d’autres pays nordiques, l’école à proprement parler ne commence donc ici qu’aux 6 ans de l’enfant. Et il semble qu’en Norvège, la tendance soit de souhaiter conserver cette spécificité: Ellen Beate Hansen Sandseter, professeur à l’Institut de formation des barnehagelaerer de Trondheim, insiste notamment sur le fait que le gouvernement a récemment changé le nom du personnel formé dans les barnehage : de « førskolelærer » (enseignant d’école maternelle), ils sont devenus « barnehagelaerer » (enseignant de jardin d’enfants). Un détail linguistique qui en dit long. Pour autant, Ellen Beate confirme bien que des apprentissages se font au barnehage, ce principalement à travers le jeu. C’est d’ailleurs, pour elle, un des prérequis pour les étudiants souhaitant devenir barnehagelaerer: ils doivent avoir envie et prendre du plaisir à jouer avec les enfants.

Le concept du « barnehage » n’est donc pas tellement remis en question ici. Par contre, l’accueil des enfants de 1 an suscite davantage de débats. D’une part, les statistiques sont effarantes : si 15% des enfants âgés de un à deux ans fréquentaient un barnehage en 1990, ils sont aujourd’hui 70% , et ont des journées en collectivité de plus en plus longues. D’autre part, c’est souvent sans grande transition que le bébé passe de sa vie familiale, très préservée la première année, à la collectivité. Même si l’amplitude de présence de l’enfant au barnehage augmente souvent très graduellement (d’abord la matinée, puis la matinée+le déjeuner, puis la matinée+le déjeuner+la sieste, puis la journée entière), la période d’adaptation incluant la présence du parent est souvent de 2 ou 3 jours seulement. Ce qui semble assez peu suite à l’année entière passée en famille. Et si la plupart des parents profitent avec bonheur de cette première année de « mamaperm » et de « papaperm », peu d’entre eux la prolongent. Les raisons invoquées sont parfois idéologiques (« après un an, c’est positif pour l’enfant de se séparer de son parent et d’être en collectivité »), souvent professionnelles (l’égalité homme-femme étant vraiment une caractéristique de la société norvégienne, chaque membre du couple affirme et revendique son droit à mener une carrière sans plus d’interruption que celle déjà occasionnée par les papa- et mamaperm), toujours financières (après cette première année ou les parents sont rémunérés à 100% de leurs salaires, l’aide allouée par l’état passe à environ 6000 couronnes par mois ensuite, c’est à dire environ 700€)

De ce fait, des voix s’élèvent, depuis quelques années, pour soutenir les parents et les professionnels convaincus de la nécessité d’une transition la plus en douceur possible entre le milieu familial et la collectivité. Ingrid Porsch, par exemple, est « pédagogue de l’attachement », et a créé sa petite entreprise en 2009. Son objectif est d’apporter aux parents et aux professionnels les connaissances scientifiques actuelles sur le thème de l’attachement et du développement de l’enfant, afin d’assurer des relations de confiance et de respect au sein de la famille, mais aussi entre l’enfant, ses parents, et les éducateurs qui vont l’accueillir. Ingrid défend notamment l’idée que la période d’adaptation au barnehage doit vraiment être adaptée à chaque enfant et à ses parents, que ce soit en terme de modalité et de durée.

De nombreux blogs de mamans, de papas ou de professionnels questionnent également l’organisation actuelle de la société au regard des besoins du jeune enfant. Tous essaient de faire mieux connaître la théorie de l’attachement de John Bowlby. Le professeur Lars Smith, du département de psychologie de l’Université d’Oslo notamment, a récemment insisté sur le fait que les barnehage norvégiens n’accordaient pour le moment que trop peu d’attention aux besoins d’attachement de l’enfant : selon lui, l’augmentation incroyable du nombre d’enfants fréquentant un barnehage entre 12 et 24 mois a été de pair avec des effectifs de plus en plus nombreux, un manque de qualification concernant certains membres des équipes, et un grand turn-over au niveau du personnel. Et cette réalité est pour lui inadaptée aux besoins de stabilité, de disponibilité et de présence émotionnelle des jeunes enfants. S’il ne met pas en doute le besoin de places en barnehage pour les enfants entre 1 et 2 ans, il interpelle les instances politiques et professionnelles sur la nécessité de réfléchir précisément aux modalités d’accueil pour les enfants les plus jeunes, et déplore que cette réflexion n’ait pas devancé et préparé leur entrée de plus en plus massive dans les barnehage ces vingt dernières années.

C’est d’ailleurs un sentiment partagé par Marit Heldal, professeur à l’Institut de formation des barnehagelaerer de Trondheim, et de la grande majorité des professionnels de la Petite-Enfance en Norvège.

Il semble donc que la prise en charge de la Petite-Enfance va, ici aussi, être un enjeu et un thème de société central dans les années à venir. Preuve en est : les vives réactions qui suivent toute déclaration politique l’abordant, et ce quelle qu’elle soit finalement. Une certitude : la virulence des débats est à la hauteur de l’importance du sujet.

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